Il y a un village, à une dizaine de kilomètres au nord d’Oussouye, où l’on lève les yeux. Partout ailleurs en pays diola, la case est basse, ramassée, tournée vers l’intérieur ; ici, à Mlomp, quelques maisons montent sur deux niveaux — un rez-de-chaussée, un escalier en bois de rônier, un balcon perché à plus de huit mètres. Tout est en banco, cette terre crue façonnée à la main, sans une goutte de ciment. Ces cases à étage n’existent quasiment nulle part ailleurs en Casamance, et c’est ce qui fait de Mlomp une curiosité : un village qui a inventé sa propre architecture. Que vous viviez au Sénégal ou que vous soyez de passage, Mlomp n’est pas un site à cocher entre deux plages — c’est une leçon de terre, de riz et de mémoire, à condition d’y entrer lentement.
À ne pas confondre avec l’autre Mlomp du Sine-Saloum (région de Fatick, pays sérère). Celui de cette page est le Mlomp diola de Basse-Casamance, département d’Oussouye.
En bref
| Région (QFS) | Casamance (région de Ziguinchor) |
| Commune / accès | Village diola, arrondissement de Loudia Ouoloff, département d’Oussouye |
| Type | Village diola traditionnel ; cases à étage en banco + musée de la civilisation diola |
| Distance depuis Oussouye | ~10 km au nord (route bitumée Oussouye–Elinkine) · ~15 min |
| Distance depuis Ziguinchor | ~40 km au sud-ouest · ~1 h |
| Durée conseillée | Une demi-journée pour l’essentiel ; une nuit pour prendre le rythme diola |
| Entrée / tarif | Aucun droit d’entrée dans le village ; petit musée de village : participation à demander sur place |
| Meilleur moment | Saison sèche (novembre à mai) ; rizières les plus vertes en fin d’hivernage |


Résident ou touriste : deux façons d’aborder Mlomp
Si vous vivez au Sénégal, Mlomp est d’abord une curiosité architecturale et culturelle qui vaut le détour depuis Ziguinchor ou le Cap Skirring. On ne vient pas ici pour un « spot » à photographier en dix minutes : on vient voir de ses yeux ces maisons à étage que l’on ne trouve nulle part ailleurs, comprendre pourquoi un village diola s’est mis à bâtir en hauteur, et suivre un guide du cru dans le petit musée qui raconte la société diola de l’intérieur — l’impluvium, le riz, les rites, les guerres d’autrefois. C’est une escapade de connaisseur, à combiner avec Oussouye (à 10 km) et l’embarcadère d’Elinkine, porte des îles Karone et de l’île de Carabane.
Si vous êtes de passage, Mlomp est l’une des étapes culturelles fortes de la Basse-Casamance, le complément idéal des plages du Cap Skirring. Mais venez avec la bonne posture. Vous n’entrez pas dans un décor : ces cases sont, ou ont été, des maisons habitées, et le village reste discret — on vous accueille sans jamais vous solliciter. Prenez un guide local (c’est ainsi que le musée et les cases se visitent), convenez du tarif avant, et laissez-vous porter par la lenteur : à Mlomp, l’ombre des fromagers géants impose son rythme.
Le village qui a bâti en hauteur
L’histoire des cases à étage de Mlomp tient en une rencontre : celle de la terre diola et du retour des tirailleurs. Ce sont des anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale, revenus au village après avoir vu l’architecture d’ailleurs, qui ont eu l’idée d’élever la case sur deux niveaux — une adaptation locale d’un modèle rapporté d’Europe, coulée dans les matériaux du pays. , la dalle repose sur des piquets de palétuvier. Au rez-de-chaussée, salon et chambres ouvrent sur des vérandas ; l’escalier de planches mène à l’étage et à un balcon à plus de huit mètres*. On raconte que ce niveau supérieur servait à mettre à l’abri femmes et enfants
Il faut être honnête sur le nombre : on ne parle pas d’un village entier bâti en hauteur, mais de quelques cases à étage — quatre ou cinq selon les observateurs — devenues l’emblème du lieu. L’une d’elles reste attachée au souvenir de Martine Diédhiou, gardienne des lieux disparue centenaire en 2016, dont la mémoire veille encore sur les entrées. Autour, l’architecture diola « classique » n’a rien perdu : cases à impluvium au toit circulaire ouvert qui recueille l’eau de pluie, porches à colonnes de terre, murs ornés. Mlomp, c’est les deux à la fois — l’exception et la tradition, côte à côte.
Le musée : la culture diola racontée de l’intérieur
Le village abrite un musée de la civilisation diola— la parole d’une communauté sur elle-même — et non comme une billetterie.


